Sortie du nouveau site by Marie Morel

Si vous nous lisez, c'est que vous êtes sur le nouveau site de Marie : il est enfin moderne, il fonctionne sur mobiles et tablettes, il est avec plus de visuels reprenant l'ensemble de son travail et une boutique sécurisée qui sera complète bientôt. Depuis quelques semaines on diffuse aussi sur un compte instagram le travail de Marie.

D'ici quelques semaines, une version en anglais sera également disponible. N'hésitez pas déjà à nous faire part de vos commentaires et suggestions.

C'est Solenne et Pierre, les deux fils de Marie qui sont à l'initiative et à la manoeuvre de ce site. 

Hommage à Brigitte Laureau by Marie Morel

Le vendredi 21 novembre 2014, dans l’après-midi, ma galeriste, Brigitte Laureau, est morte. La galerie B. a fermé définitivement ses portes. Une septicémie foudroyante a emporté en quelques jours Brigitte dans un autre monde. Je l’espère pour elle, un beau voyage… mais me laissant, ici sur terre, complètement triste et désemparée.

Je voudrais rendre hommage à la femme galeriste qui a accompagné ma vie de peintre pendant de si nombreuses années. Ce fut pour moi une très grande galeriste, importante dans ma vie de peintre. Elle était totalement passionnée, toujours à l’écoute et admirative. Je la sentais amoureuse de ma peinture, et elle partageait cet amour avec tous ceux qu’elle croisait. Cet amour allait même au-delà de mon œuvre et se reportait aussi sur moi. J’ai ainsi peint pendant des années avec cet accompagnement fabuleux. Pas un jour sans plusieurs signes de Brigitte, même à distance, des lettres, des coups de téléphone, des messages, des courriels. Elle accompagnait chaque instant de ma vie. Nous avions des discussions interminables sur l’art, sur nos projets, sur nos vies, sur nos métiers, elle galeriste et moi peintre. Cela continuait quand nous nous voyions, chez moi, chez elle ou ailleurs. Elle était visionnaire, totalement sûre de mon parcours, c’est comme si elle savait que, à chaque nouvelle œuvre c’était acquis dans son cœur.

Il n’y a jamais eu aucun doute, et elle accompagnait ma vie de peintre avec la même certitude que j’avais à peindre. Pas un instant elle n’a douté de moi. C’était ma meilleure alliée. C’était une grande galeriste aussi car elle savait vendre, cela faisait partie de son métier, c’était une passion, un jeu aussi. À chaque vente, aussitôt elle m’appelait, même quand c’était les œuvres des autres artistes de sa galerie. Elle avait besoin de partager avec moi chaque victoire. C’est vraiment le mot : une victoire ! Puis aussitôt, elle repartait à « la bataille ». Elle vendait parce qu’elle aimait, elle savait expliquer son amour d’une œuvre, le partager, l’offrir à la personne qui passait. Elle transmettait, jusqu’à ce que le collectionneur devienne aussi passionné qu’elle. Elle vivait pour cela.

Elle m’a beaucoup appris sur son métier. Elle était fière de sa galerie. Elle tenait bon. C’était pour moi une grande galeriste, car grâce à elle je n’étais pas seule. Dans la solitude de mon atelier je savais toujours qu’elle était là, qu’elle comprenait mon engagement, mon énorme travail, les sacrifices que je m’imposais pour lui. Elle était si fière de moi que je me sentais épaulée. Elle sait que je vais continuer sans elle, avec la même puissance, je n’ai que ça à lui offrir en mémoire, continuer au-delà de ma peine.

Marie Morel

L’érotisme dans ma peinture et la censure à Aubagne by Marie Morel

L’ensemble de mon travail de peintre est comme une grande réflexion sur la vie. Composé par des peintures sur des pensées, des émotions, des contemplations, des bonheurs, des amours, des chagrins, des révoltes, des engagements, des manifestes et de l’érotisme.

L’érotisme est un sujet important dans la vie. Tout être vivant est envahi d’érotisme, les femmes et les hommes, mais aussi les animaux, les plantes… Notre venue sur terre est reliée à un acte naturel d’amour.
Ce sujet est si vaste et passionnant, quelle diversité chez chacun de nous ! Toutes ces sensations, ces émotions, ces jeux, ces délires, ces bonheurs, ces souffrances, cette liberté, cette intimité, ce don de soi, ces partages, etc.

Je peins tout cela, sans tabou, simplement. Je dis, je raconte les choses que je vois, que je sens, je l’espère sans vulgarité, avec beaucoup de respect pour chaque sujet traité.
Des baisers, des amours, de l’accouplement, des fantasmes, de l’homosexualité, du bondage, des jeux érotiques, de la sexualité chez les personnes très âgées, de la sodomie, du S.M, etc.

Malheureusement je remarque que les œuvres érotiques sont de plus en plus censurées dans les lieux d’expositions. Les organisateurs ont souvent peur : vigilance excessive de notre société ; on reviens à un monde où nos libertés sont de plus en plus encadrées.

Cette censure me peine beaucoup car elle ampute mes expositions d’un élément important de mon travail de peintre.

Si nous, les artistes, ne pouvons plus montrer d’œuvres érotiques, que deviendront les grands chants d’amour de notre époque ? Circulent librement beaucoup d’images pornographiques qui ne donnent pas la même vision de l’amour et de l’érotisme que l’œuvre d’un artiste.

Pourquoi, dès qu’un sexe est peint sur une toile, certains crient-ils au scandale ?

Observer les gens et leur réactions devant une peinture permet en fait de les découvrir eux, de cerner leur caractère et leurs sensations. La peinture, elle, ne change jamais, elle est là unique, toujours la même, mais chaque personne qui la regarde, la voit et la juge différemment. La personne qui regarde l’œuvre a ses propres émotions, son propre ressenti, et c’est elle qui crée ce qu’elle voit en fonction de ce qu’elle est.

Je remarque que la personne qui est choqué devant l’œuvre érotique est en fait comme devant un miroir qui lui renvoi l’image de ce qu’elle est, avec ses blocages et sa pudibonderie propre.
Certaines personnes sont mal à l’aise devant la sexualité, pleines de tabous, sans liberté personnelle, cadrées dans des dogmes religieux ou familiaux, pleines de complexes et d’inhibitions, que sais-je encore…
Il faut une ouverture d’esprit pour entrer dans une peinture intime.

Bien sûr, on peux ne pas aimer une œuvre, cela est autre chose, et propre à chacun.
Mais refuser, et dénoncer un travail uniquement parce qu’il parle d’érotisme est dramatique ; et qu’une société replonge à nouveau, petit à petit, dans cela, est dangereux pour nous tous. Il est encore temps je l’espère de réagir et de garder notre liberté d’expression.

Bien évidemment mon travail sur l’érotisme continuera dans l’atelier malgré toute censure, mais je remercie les commissaires d’expositions et les responsables d’institutions* qui ont le courage actuellement de montrer ces peintures.

Marie Morel
Juin 2014

* Merci à La Compagnie d’Art singulier en Méditerranée.

Le tableau « L’Amour » de Marie Morel, vient d’être censuré par la mairie d’Aubagne alors qu’il devait être exposé lors de la 13e édition du festival d’Art Singulier cet été.

For english spoken people, you can read a summary on ArtNet : Censorship Snuffs Art Bienniale in South of France.

Lire l’article de presse de MarsActu du vendredi 13 juin 2014
Lire Le Progrès du 16 juin 2014 (pdf)
Lire La Provence du 15 juin 2014 (pdf)
Lire La Provence du 17 juin 2014
Voir le reportage de France 3 du 17 juin 2014
La chronique radio du Journal Zibeline du 24 juin 2014